Les martinets et les hirondelles viennent nicher sur les façades des maisons, des immeubles et de tous les bâtiments où il existe des infractuosités. Si leur arrivée fait le bonheur de
certains, les salissures que peuvent causer leurs déjections sont jugées désagréables pour d’autres.
Pour régler le problème, des institutions publiques et des particuliers détruisent consciencieusement les nids. Pourtant, que ce soit accidentellement ou volontairement, un tel acte
est parfaitement illégal.
Par ailleurs, on constate que des destructions massives peuvent s’opérer par manque de précaution. Récemment, plusieurs centaines d’hirondelles de rivage ont été anéanties lors d’une
opération réalisée par des engins dans une carrière.
La LPO rappelle que toutes les espèces d’hirondelles et de martinets, des plus
communes aux plus rares, sont protégées. Il est donc interdit de porter atteinte aux individus, à leurs nids et à leurs couvées (œufs et poussins).
Tout auteur d’une infraction est passible d’une amende de 9 000 euros et d’une peine d’emprisonnement de six
mois.
(Articles L.411–1 et L.415-3 du Code de l’Environnement)
Aujourd’hui, la sauvegarde de ces oiseaux s’avère d’autant plus indispensable qu’ils connaissent un déclin alarmant en France. La destruction des nids reste, avec les pesticides et la
profonde altération de leurs habitats, l’une des causes principales de leur déclin. Ainsi, entre 1989 et 2007, les effectifs d’hirondelles rustiques et de fenêtre ont chuté, chacun, de près
de 39 %.
Pourtant, des solutions existent pour faciliter une cohabitation harmonieuse de l’homme avec ces oiseaux. Afin d’éviter les salissures sur les façades, il suffit, par exemple, de placer de
petites planchettes en-dessous des nids (en vente sur LPO.fr), qui pourront également éviter aux jeunes de tomber au moment du nourrissage.
Malgré toutes ces précautions, si vous êtes témoin d’atteintes portées à ces oiseaux, vous pouvez agir directement. :
> Dans un premier temps, vous pouvez intervenir auprès des personnes responsables en tentant de les sensibiliser à la sauvegarde des nids.
> Si les personnes portant atteinte à ces espèces ne se montrent pas coopératives ou s’il y a urgence, vous pouvez alerter le service départemental de garderie de l’ONCFS (Office
nationale de la chasse et de la faune sauvage), la police ou la gendarmerie nationale. Seuls ces organismes assermentés peuvent dresser procès-verbal d’infraction.
> Vous pouvez également avertir la LPO qui pourra tenter une démarche amiable à vos côtés et, le cas échéant, se porter partie civile.
La protection de ces fragiles oiseaux migrateurs participe d’une action citoyenne. Il appartient donc à chacun de nous, sur la base d’une démarche simple et concrète, de veiller à la
sauvegarde de ces ambassadeurs du printemps.
Allain Bougrain Dubourg
Président LPO