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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 15:23

 

Migrations et hivernage  - Saison 2009/2010 -

 


L’année 2010 a été proclamée "année de la biodiversité". La France s’était engagée à stopper la perte de biodiversité à cet horizon et l’on constate aujourd’hui que cet objectif n’a pas été atteint. Certaines espèces comme la Grue cendrée connaissent, toutefois, des hausses de leur population. Ce phénomène s’explique en partie par la réhabilitation des zones humides, la protection des zones de reproduction d’Europe du nord, la protection et l’aménagement des sites de haltes migratoires. Malheureusement, les espèces en déclin sont nettement plus nombreuses et il est urgent d’agir pour préserver toutes ces richesses.
La Grue cendrée est une des espèces facilement observable par tout un chacun. Ses vols majestueux lors de la migration permettent à beaucoup d’entre nous de prendre conscience de la beauté de la nature. Cette espèce, chassée jusqu’au milieu des années 60, montre qu’avec la mobilisation d’un grand nombre d’acteurs à travers l’Europe, il est possible de voir une population animale se redynamiser. A la condition de tels engagements, l’espoir est donc permis pour une grande majorité d’espèces.

A travers ce document, nous vous invitons à revivre la dernière migration ainsi que l’hivernage de la grue dans notre pays. Nous adressons nos remerciements à l’ensemble des observateurs et structures pour leurs observations ainsi qu’au Réseau Grues France (cf liste) et nos correspondants étrangers.

 

Migration post-nuptiale 2009

Les premières grues (hormis les grues nicheuses de Lorraine) sont observées comme habituellement sur le lac du Der (51/52) dès la mi-juin. Dans le même temps, 3 grues stationnent dans la Nièvre entre le 15 juin et le 7 juillet. Par ailleurs, deux oiseaux sont présents sur le site d’Arjuzanx (40) depuis le printemps précédent. A la fin du mois d’août, 36 grues sont présentes au lac du Der et des cris sont entendus dans l’Aube. Dans le Loir-et-Cher, 4 oiseaux sont signalés en vol dès le 20 août. Sur le site de Rügen en Allemagne, 2 000 grues sont rassemblées début septembre. 

 

Mouvements de faible ampleur
(07/09/09 – 08/10/09)

Lors de cette période, ce sont 22 départements qui relatent des grues en migration. Les effectifs ne sont jamais importants (groupe de 75 individus maximum). Dès le 5 septembre, des grues fréquentent les sites d’hivernage habituels de la Nièvre. En Allemagne, sur le site de Rügen, plus de 8 000 grues sont présentes le 10 septembre. Le lendemain, la première grue de la saison est signalée à Gallocanta en Espagne. Sur le site de Saint-Martin de Seignanx (40), la première grue est, quant à elle, notée le 30. Plus surprenant, le 3 octobre, 4 grues survolent Paris. Le mouvement tend à s’intensifier à partir du 8 octobre puisque pas moins de quatre vols ont été signalés en Moselle. Ces mouvements auront concerné environ 1 000 grues

 

Première vague de migration
(09/10/09 – 21/10/09)

En Suède, le signal du grand départ est donné dès le 9 octobre puisque 25 000 grues sont comptabilisées en migration dans le pays ! En Allemagne, les effectifs en migration sont également importants : 13 000 individus en 52 vols. En soirée, ces vols passent au dessus de la Belgique puis entrent en France par le nord-est de notre pays. Dans un premiers temps, un grand nombre de grues font escale en Champagne Humide puis repartent dès le 11 en direction du sud-ouest. Ainsi la Bourgogne, l’est du Centre, le nord de l’Auvergne et le Limousin sont rapidement concernés par des vols de grues. Au lac du Der, au moins 8 000 grues sont comptées. Dans les jours qui suivent, des grues continuent d’arriver d’Allemagne alors que dans le même temps, d’autres franchissent les Pyrénées. Les journées des 13, 14 et 15 octobre marquent l’apogée de cette vague de migration. Les effectifs en migration dépassent les 10 000 individus dans la journée du 14 dans la Nièvre et le Limousin. Dans cette même région, le lendemain, pas moins de 26 000 grues sont en transit. Les vols sont également importants en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne (7 500 grues en 1h15 !). Par la suite, les mouvements se calment. Une grue est notée sur l’île d’Ouessant le 17. Comme souvent après des vagues importantes de migration, des grues sont posées un peu partout : Moselle, Meuse, Nièvre, Cher, Creuse, Indre, Allier, Charente, Gironde ou bien encore Landes. Entre 20 et 30 000 grues sont stationnées au lac du Der le 15. Les sites espagnols font également le plein : 8 200 individus en Extrémadure et plus de 20 000 à Gallocanta. Cette première vague de migration aura concerné autour de 60 000 grues.

 

                         Carte 1 : Nombre cumulé de Grues cendrées lors des mouvements
                                                             du 9 au 21 octobre 2009

 

 

 

 

 

 

 

Deuxième vague de migration
(30/10/09 – 2/11/09)

 

Après une période d’accalmie, la migration reprend en Allemagne le 30 octobre où plus de 36 000 grues prennent la direction de la France. Les comptages sont rendus difficiles par la suite, la nuit étant tombée. On retrouve toutes ces grues le lendemain sur la diagonale habituelle de migration entre la Lorraine et la barrière pyrénéenne. Des grues sont également observées sur les départements bordant la Méditerranée les 31 octobre et 1er novembre. Ces oiseaux arrivent par la vallée du Rhône (Ain, Loire, Drôme, Hautes-Alpes, Vaucluse) mais aussi par le nord de l’Italie, probablement depuis les sites de stationnement de Hongrie. Ainsi les Alpes-Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales sont survolés par des grues. Le 1er novembre ce sont encore plus de 21 000 grues supplémentaires qui quittent l’Allemagne. A la fin de cette vague, on note 7 500 grues à Arjuzanx, au moins 1 600 sur les sites du centre de la France, 480 individus sur le site de Puydarrieux (65) et 130 sur celui de Cousseau (33). Cette seconde vague porte sur 60 000 grues.

 

Départs massifs de Champagne
(08/11/09 - 09/11/09 et 19/11/09

 

Lors de la journée du 8 novembre de très nombreuses grues quittent le lac du Der où plus de 52 000 grues sont comptabilisées aux départs des dortoirs le matin même. Les conditions météo étant bonnes, une grande partie des oiseaux prend la direction du sud-ouest. L’Aube et l’Yonne sont rapidement survolées par plus de 10 000 grues. De même, ce sont 10 000 grues qui sont notées en moins d’une heure au dessus du Cher. Dans ce département, un petit avion vole avec les grues à 360 m d’altitude à une vitesse de 70 km/h. Le 9 novembre, l’ensemble du sud-ouest est concerné et plus de 400 grues stationnent dans la Brenne (36). Le 19 novembre, de très nombreuses grues attendent la dissipation des brouillards et quittent la Champagne. En deux heures dans l’Yonne, 8 000 grues sont comptabilisées. Plus de 22 000 grues sont posées sur le site de Gallocanta. Lors de cette période, 2 000 grues supplémentaires sont arrivées en France.

 

Une longue période ponctuée par des arrivées d’Allemagne
(01/12/09 – 02/01/2010)

(01/12/09 – 02/01/2010)

grue-2.jpgLa plupart d’entre nous sont souvent surpris d’observer des grues en migration si tard en saison. Pourtant ce phénomène est observé chaque année. Lors de cette période, même si les arrivées d’Allemagne sont quasi-quotidiennes, quelques journées se démarquent par l’intensité de la migration. C’est le cas pour les journées du 1er au 7 décembre, du 11 au 13, du 18, du 20 et du 21 ainsi que du 2 janvier 2010. Ces grues quittent l’Allemagne en fonction des conditions météorologiques. D’importantes vagues de froid poussent les oiseaux à rejoindre notre pays. Les sols enneigés ou gelés empêchent les grues de s’alimenter correctement. Ces dernières arrivées concernent 50 000 grues quand même !

 

Bilan migration postnuptiale 2009

 

Lors de la migration postnuptiale, 180 000 grues ont été observées en migration active. Ce nombre est en baisse par rapport à l’an dernier. Selon les années, plus ou moins d’oiseaux passent inaperçus car la migration s’effectue aussi bien le jour que la nuit.

 

 

 

Source de l'article : 

 http://champagne-ardenne.lpo.fr/grues/synthese_migration_grue_09_10.htm

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Published by Naturalistes Sans Frontière - dans Ornithologie
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plomberie paris 17/02/2015 09:55

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

JMB 27/01/2011 20:46


Bonjour,

En paralant de migration, je ne sais pas si vous avez vu ce documentaire fort intéressant : pourquoi les oiseaux migrent si loin, dans le Haut Arctique ? Je vous invite à le découvrir (10 min). Il
devrait vous intéresser :
http://bioecologie.over-blog.com/article-pourquoi-certains-oiseaux-migrent-dans-le-grand-nord-joel-bety-et-son-equipe-apportent-une-reponse-65731355.html


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