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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 20:18

LE MONDE  08.04.08 
VANNES CORRESPONDANT

J
usqu'où les huîtres sauvages remonteront-elles ? Alors qu'elles n'étaient concentrées jusqu'à une période récente que dans le sud de la Loire, elles s'étendent à profusion vers le nord de la côte atlantique et même au-delà. Il y en aurait 10 000 tonnes dans le golfe du Morbihan et 15 000 tonnes en rade de Brest, selon les estimations réalisées par le programme Progig dirigé par l'Institut universitaire européen de la mer (IUEM).



Ces huîtres se reproduisent à partir des parcs où l'on a commencé à introduire, au début des années 1970, la Crassostrea gigas, une huître creuse importée du Japon pour remplacer l'huître plate et l'huître portugaise, touchées par une maladie mortelle qui menaçait l'avenir de la profession. Cette nouvelle espèce est maintenant cultivée sur l'ensemble du littoral. Mais alors qu'elle ne pouvait se reproduire qu'au sud de la Loire, elle dissémine à présent ses oeufs en Bretagne.

Conséquence du réchauffement climatique, les huîtres sauvages remontent vers le nord de la côte atlantique. 


 L'explication est d'origine climatique. La Crassostrea gigas a besoin d'une eau de 18 oC à 20 oC pour pondre. Son implantation en milieu naturel avait été notée en rade de Brest après la canicule de 1976. Mais depuis le début des années 1990, on assiste à une invasion qui correspond à un réchauffement des eaux de surface en Bretagne, évalué à 1 oC en moyenne entre 1990 et 2003. Les fonds d'estuaire et de ria sont particulièrement propices à l'émission des gamètes et à la survie des larves.


"Ce phénomène n'avait pas été observé sous forme scientifique", précise Christian Hily, du CNRS, responsable du programme Progig. Il apparaît que les huîtres sauvages forment des cavités et hébergent plus d'espèces que les rochers à nu. Elles n'ont pas d'incidence sur le goémon. En revanche, "elles banalisent les habitats à une échelle régionale et contribuent à l'envasement par leurs rejets", souligne M. Hily.

 OPÉRATIONS DE NETTOYAGE

 Autre effet : en se fixant sur les poches d'élevage dans les parcs, elles obligent les ostréiculteurs à des opérations de nettoyage régulières. "Ce n'est pas pour nous une inquiétude, mais une gêne", dit Goulven Brest, président du Comité national de conchyliculture.

Ces envahisseuses ne font pas non plus l'affaire des communes touristiques, car elles rendent dangereuses les escapades sur les rochers. Le programme Progig prévoit des actions de prévention pour enlever sans attendre des huîtres en cours d'installation sur les quais et les accès aux plages. "Mais quand c'est colonisé, on ne peut pas faire grand-chose et on ne voit pas comment ça va s'arrêter", dit M. Hily.

L'invasion fait des heureux : des autorisations ont été octroyées à des pêcheurs à pied pour exploiter cette manne encombrante. La rade de Brest est aussi devenue un centre de production de naissains, ce qui était impensable par le passé.

Gabriel Simon
Ces huîtres s'établissent à l'état de naissains sur les rochers et les vasières. Il leur faut un point de fixation et elles deviennent ensuite des supports pour les autres. Favorisées par un potentiel d'adaptation en eau douce comme en milieu océanique vif, que peu d'espèces marines possèdent, elles peuvent couvrir ainsi de grandes surfaces rocheuses, des quais ou former des récifs. Plus au nord, on en trouve également aux Pays-Bas, en Allemagne et en Irlande.
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 19:30

communiqué de presse

jeudi 24 avril 2008

 

Projet de loi Grenelle I : OK mais on s’arrête pas là !

 

 

France Nature Environnement a été rendue destinataire de la version quasi définitive d’un projet de texte fondamental pour l’avenir du Grenelle de l’environnement. Questions réponses.

 

Q : A quoi sert ce projet de loi ?

 

FNE : Il s’agit d’un projet de loi d’orientation. Son but est de traduire dans la loi les engagements négociés lors du Grenelle de l’environnement. Ce projet de loi devrait être suivi d’au moins deux autres projets de loi plus techniques qui procèderont des travaux réalisés par les Comités opérationnels mis en place à la suite du Grenelle.

 

Q : Quel est l’enjeu ?

 

FNE : Le vote de ce projet de loi permettrait de passer une première étape. Il est important que le Parlement valide le compromis issu du Grenelle. Attention, il doit s’agir d’une première étape et il est urgent de ne pas s’y arrêter ! L’enjeu est aussi celui-ci : comment faire mieux et vite ! Pour FNE, ce projet de loi n’est pas une fin en soi mais un nouveau départ de la politique de l’environnement.

 

« Ce projet de loi ne peut pas, par nature, correspondre à l’idéal de FNE : il correspond à un compromis social possible à un moment donné de l’histoire de ce pays, constate Sébastien Genest, Président de FNE, avant de continuer : « FNE accepte et soutient ce compromis, non comme un aboutissement mais comme une première étape vers un idéal pour lequel nous continuons de nous battre sans relâche. Les associations ont combattu pendant tout le Grenelle pour que celui-ci soit une négociation : nous devons défendre le résultat de cette négociation. FNE espère que tous les acteurs du Grenelle respecteront cette règle du jeu. Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui nous n’avons pas le temps d’attendre les lendemains qui chantent. Il faut bien comprendre aussi que nous ne pouvons pas nous arrêter à cette première étape ! »

 

Q : Ce projet de loi est-il globalement fidèle aux engagements négociés lors du Grenelle de l’environnement, en octobre 2007 ?

 

FNE : Oui. Sous réserve d’une analyse détaillée du texte définitif, ce texte est globalement fidèle aux conclusions des tables rondes. Cependant, le Grenelle n’est pas arrivé au bout de son voyage, et ce sont les deux assemblées qui vont décider de son sort dans les prochaines semaines.

 

Q : Ce projet de loi qui fixe des objectifs aura-t-il tout de même un impact pour la vie quotidienne des français(es) ?

 

FNE : Si le projet de loi devait être adopté tel quel, il apporterait déjà des changements concrets pour la vie de chacun, comme notamment :

 

-le crédit d’impôt sur le revenu pour aider les travaux et les équipements les plus performants en matière d’économie d’énergie ;

-le prêt à taux zéro pour financer des travaux d’ensemble d’amélioration de la performance thermique des logements anciens ;

-1 500 kilomètres de lignes nouvelles de métro, de tramways ou de bus d’ici 2020 ;

-l’interdiction, pour une bonne qualité de l’eau pour tous les citoyens, de l’utilisation des phosphates dans tous les produits lessiviels d’ici 2010, protection de 500 captages d’eau potable, mise aux normes du parc général de stations d’épuration pour atteindre le taux de conformité de 100 % en 2011 ;

-20 % de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective d’ici 2012 ;

-l’interdiction de l’utilisation dans les lieux publics et pour les usages domestiques des produits contenant des substances extrêmement préoccupantes pour la santé dès 2008 ;

-un débat public au plan national sur l’utilisation des nanomatériaux d’ici le 31 mars 2009 ;

-à compter de la rentrée 2009, l’intégration dans les formations initiales et continues des enseignants, des professions de santé et des professionnels de l’aménagement de l’espace d’une sensibilisation santé-environnement.

 

Q : Que prévoit le projet de loi en matière d’urbanisme ?

 

FNE : Le projet de loi comprend des dispositions positives relevant de bonnes intentions en matière d’urbanisme. Mais il est en même temps très faible sur des points d’importance.

 

Quelques écarts importants…

 

-pas d’objectif national chiffré de réduction de la consommation d’espace ;

-pas de nouvel outil de lutte conte l’étalement urbain (périmètre d’agglomération, politique foncière renforcée, contrôle (police) de la consommation d’espace et de l’imperméabilisation) ;

-le projet prévoit que « L’État détermine le cadre général » mais ne veille pas à la bonne application de tout ça !

-des éco-quartiers, pourquoi pas, mais en bonne connexion avec l’urbain existant et en en réalisant aussi et surtout dans les tissus urbains déjà constitués ;

-des appels à projets innovants énergétiques, architecturaux et sociaux, c’est bien, mais aussi écologiques !

 

… mais aussi des points à soutenir :

 

-l’obligation d’élaborer des Plans climat/énergie territoriaux pour les agglomérations de plus de 30 000 habitants ;

-l’obligation de prendre en compte le climat et les milieux naturels et paysages dans les documents d’urbanisme.

 

Q : Que prévoit le projet de loi en matière de bâtiments neufs ?

 

FNE : La transcription des engagements du Grenelle dans le domaine des bâtiments neufs et existants est incomplète.

 

Quelques écarts importants…

 

-pas de programmation de mesures fiscales et financières adaptées pour les bâtiments des générations 2012 et 2020 alors que cette incitation est cruciale pour lancer la dynamique ;

-reprise seulement partielle des engagements relatifs à la mise en place et au financement immédiat à l’aide des certificats d’économie d’énergie d’un plan ambitieux « Règles de l’art et formation » ;

 

… mais aussi des points à soutenir :

 

-la mise en place immédiate des labels BBC, BEPOS et HQEE de préfiguration des échéances 2012 et 2020.

 

Q : Que prévoit le projet de loi en matière de transports ?

 

FNE : Les points essentiels des tables rondes ont été repris. Mais FNE constate déjà des glissements par rapport au compromis établi avec des imprécisions sur des points critiques : par exemple, la convergence entre les objectifs mentionnés (- 20% de GES pour les transports) et les moyens mis en oeuvre n'est pas garantie et les résultats ne devraient pas être atteints.

 

Quelques écarts importants…

 

-la croissance de 25% concerne le fret non routier alors que l'objectif initial était sur le fret ferroviaire (différence importante avec une croissance significative du fret fluvial ou du cabotage maritime) ;

-les objectifs pour les autoroutes ferroviaires ne sont plus chiffrés alors qu'ils étaient chiffrés en part de marché ;

-la taxation des vols intérieurs a totalement disparu alors qu'elle était prévue (lignes en concurrence avec TGV ou taxe sur les rotations ou taxe sur kérosène).

 

… mais aussi des points à soutenir :

 

-les objectifs de réduction des GES doivent être respectés. Un point important car il est ciblé sur les transports ;

-la redevance (taxe) kilométrique ;

l'objectif de réduction des émissions des véhicules particuliers (et des véhicules utilitaires légers) ;

un financement important pour les transports collectifs.

 

Q : Que prévoit le projet de loi en matière de biodiversité ?

 

FNE : La rédaction du projet de loi est ici globalement conforme aux conclusions des tables rondes du Grenelle, tous les engagements d’un niveau législatif et relatifs à la biodiversité étant repris. La question du financement reste cependant posée.

 

FNE reste mobilisée et apportera une contribution forte pour la mise en oeuvre de ces orientations et notamment la trame verte et bleue comme clef de voûte des politiques de protection de la nature.

 

Q : Que prévoit le projet de loi en matière d’agriculture ?

 

FNE : Dans ce domaine, les grandes orientations du Grenelle ont été reprises globalement de manière satisfaisante et le développement de la recherche nécessaire pour atteindre les objectifs fixés est bien souligné.

 

Des points à soutenir…

 

-l’objectif de réduction de 50% en 10 ans de l’usage des pesticides, annoncé de manière satisfaisante, avec cependant la réserve de la mise au point de solutions alternatives ;

-l’augmentation des surfaces cultivée en agriculture biologique (6% en 2010, 15% en 2013 et 20% en 2020) et l’augmentation des débouchés (20% de l’approvisionnement de la restauration collective en bio d’ici 2012) ;

-des objectifs ambitieux pour la certification environnementale : 50% des exploitations agricoles devront être certifiées en 2012.

 

… mais aussi des interrogations qui subsistent sur :

 

- les moyens qui seront mis en oeuvre pour soutenir ces objectifs : le seul chiffre avancé est d’un montant de 75 millions d’euros annuels (dans la loi de finances) pour aider les agriculteurs bio ;

l’adhésion des collectivités territoriales qui devront assumer le surcoût du passage en « bio » ;

la réorientation des programmes de recherche : sera-t-elle réalisée à moyens constants ? des crédits supplémentaires seront-ils débloqués ?

la position de la France pour la réforme la Politique agricole commune

 

Q : Que prévoit le projet de loi pour la thématique santé-environnement ?

 

FNE : La reprise des engagements Grenelle concernant la santé et l’environnement est à géométrie variable, en fonction des thématiques. FNE attend les projets de loi suivants, qui devraient combler ces lacunes avec des mesures plus précises et fidèles aux travaux actuellement réalisés dans le cadre des chantiers de suivi du Grenelle.

 

Quelques écarts…

 

-la reprise de seulement 4 mesures du travail de concertation réalisé en matière d’air (extérieur et intérieur), alors que les engagements avaient été forts et assez généraux pour être repris dans la loi Grenelle I. FNE attend le projet de loi suivant où elle pense évident que le thème de l’air sera repris ;

-les engagements sur les nanotechnologies et les champs électromagnétiques ne sont pas intégralement repris. FNE attend la reprise de ces éléments dans les prochains projets de lois.

 

… mais aussi des points à soutenir :

 

-la validation de la réalisation d’un PNSE 2 et la reprise des divers acquis des tables rondes sur les thèmes à y inclure ;

-des mesures d’interdiction, de suppression des substances les plus préoccupantes, avec l’engagement d’une politique en faveur d’une substitution, et de porter la généralisation de Reach au-delà de l’Union européenne ;

-l’inventaire points noirs en matière de bruit avec objectif de résorption des plus préoccupants dans un délai de 7 ans ;

-les observatoires du bruit demandés par FNE ;

-une amélioration sur l’axe bruit aérien.

 

Q : Faut-il s’inquiéter du financement de ces mesures du Grenelle ?

 

FNE : Le présent texte est une loi d’orientation qui fixe des objectifs, pas une loi de finances qui fixe des financements. Cependant, des précisions quant aux conditions exactes de financement de ces mesures seraient les bienvenues !

 

FNE rappelle que ce n’est pas seulement à l’Etat c’est à dire au contribuable, de financer intégralement la politique de protection de l’environnement ; conformément au principe pollueur payeur : il faut taxer les pratiques polluantes pour financer les pratiques vertueuses et économes.

 

FNE souligne aussi qu’il ne faut pas analyser les mesures du Grenelle qu’en termes de coût mais aussi en termes d’économies ! FNE souhaite que tous les acteurs de la société s’engagent dans le financement du Grenelle et bénéficient des avantages économiques liés à la mise en œuvre des mesures du Grenelle : création d’emplois, économies d’énergies etc..

 

Q : Que prévoit le projet de loi en matière de démocratie écologique ?

 

FNE : Le texte est globalement conforme au Grenelle mais manque de pêche. FNE s’étonne que l’engagement du Président de la République de substituer la décision des 5 acteurs du Grenelle à la décision administrative, pour les projets dangereux, ne soit pas ici repris.

 

FNE rappelle enfin que la création d’une véritable démocratie écologique suppose une réforme ambitieuse de nos institutions comme le Conseil économique et social mais ne doit pas se limiter à ce dernier. Par ailleurs, comme pour les syndicats, il est indispensable de préciser rapidement des critères rigoureux de contrôle de la représentativité réelle des associations de protection de l’environnement.

 

Q : Que va faire FNE ?

 

FNE : Plutôt que de rester assis dans sa chaise à tout critiquer : convaincre, convaincre, convaincre…

 

« Les débats des prochaines semaines montreront si nos élus sont sensibles à la volonté générale qui s’est exprimée lors du Grenelle. Ce sont les parlementaires qui, par leurs votes, ont aujourd’hui le pouvoir de faire du Grenelle le point de départ d’une révolution écologique ou un enterrement de première classe. Au delà des chamailleries politiques, nous espérons qu’ils feront le bon choix pour notre avenir et celui de nos enfants », déclare Arnaud Gossement, porte parole de FNE

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 22:46

28-03-2008

La France n’a pas seulement le 2e potentiel éolien d’Europe, sa façade maritime lui octroie également la 2e place du gisement hydrolien européen. Ainsi, par exemple, les littoraux bretons et normands présenteraient à eux seuls un potentiel de plusieurs GW (gigawatts) de puissance, exploitable à partir d’hydroliennes (1).

Comme pour l’éolien, en matière d’hydrolien, la France n’est pas très en avance, aucune hydrolienne n’est encore présente sur nos côtes. Néanmoins, politiquement les choses évoluent, un arrêté en date du 1er mars 2007 fixe dorénavant les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations utilisant l’énergie houlomotrice, marémotrice ou hydrocinétique, à un tarif compétitif quasiment équivalent à l’éolien terrestre sur une période de 20 ans : 6,07 c€/kWh + prime comprise entre 0,5 et 2,5 c€/kWh pour les petites installations + prime comprise entre 0 et 1,68 c€/kWh en hiver selon la régularité de la production.

Image de synthèse de l'hydrolienne Sabella D03, de Hydrohelix Energies, avec ses stabilisateurs

Par ailleurs, Hydrohelix Energies a présenté hier la Sabella D03, une hydrolienne de 3 m de diamètre pour une hauteur de 5,5 m, destinée à valider le concept de simplicité et d’efficacité proposé par la société. Testé en mer, dès le mois d’avril, par une profondeur de 19 m durant 4 à 6 mois, le prototype fera l’objet d’un suivi très précis permettant de mesurer le flux de courant maritime passant par le rotor (à faible vitesse de rotation de 10 à 15 tr/mn), l’énergie électrique produite, sans oublier le comportement des poissons face à cet objet.

Forte de ces données, la société bretonne entend réussir à définir et réaliser son projet Marenergie, labellisé par le pole Mer de Bretagne en décembre 2005, mais qui faute de financement suffisant n’a pas encore pu voir le jour. Marenergie se présente sous la forme d’un pack de 1 MW de 5 hydroliennes, d’une puissance individuelle de 200 kW pour une turbine de 10 m de diamètre. Stabilisées par un lest et/ou ancrées en fonction de la nature du fond, les rotors sont activés par le flux de la marée. Cette énergie mécanique est convertie en électricité directement par une  génératrice, laquelle voit sa production être acheminée à terre par un câble sous-marin.

Alex Belvoit
Image © Hydrohelix Energies
1- Eolienne sous-marine activée par les courants marins et/ou le flux et reflux des marées.

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 11:29

Afp - 26.03.08


Une espèce sur cinq de reptiles et d'amphibiens risque de disparaître de France métropolitaine, selon les dernières évaluations de l'Union Mondiale pour la Nature (UICN) et du Muséum d'histoire naturelle.

 7 espèces de reptiles sur 37 et 7 espèces d'amphibiens sur 34 sont actuellement menacées sur le territoire métropolitain, précisent le comité français de l'UICN et le muséum dans un communiqué.

"Ces espèces sont des indicateurs de l'état de santé de plusieurs de nos milieux naturels et sans une action efficace, ces chiffres pourraient doubler dans les années à venir", souligne le communiqué.

L'assèchement des zones humides et le comblement des mares représentent une menace pour la survie de la grenouille des champs (en danger critique) et du crapaud pélobate brun (en danger), précise l'UICN.

La pollution des milieux aquatiques a également contribué à la raréfaction des espèces dépendantes de ces habitats naturels.

L'évolution des milieux due à l'abandon du pastoralisme a entraîné une forte régression de l'habitat de la vipère d'Orsini (en danger critique), déjà victime de l'urbanisation et de la construction d'infrastructures routières et ferroviaires, tout comme la tortue d'Hermann (vulnérable en France et en danger dans le Var).

Enfin, la compétition avec des espèces exotiques introduites, telles que la tortue de Floride ou la grenouille taureau, représente une menace pour des espèces autochtones comme la cistude d'Europe (une tortue d'eau douce) et les espèces de grenouilles vertes.

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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 15:45

Actualité Quimper -undefined samedi 09 février 2008

Les jardiniers amateurs peuvent avoir de beaux jardins sans utiliserles pesticides. Le Sivalodet veut le faire savoir.


                                                                            Fiches dans les magasins, affiches et 
                                                                            autocollants viendront soutenir cette campagne.


Hier matin, a été lancée à l'hôtel de ville la charte « Jardiner au naturel, ça coule de source ». Une charte signée par onze jardineries et magasins de bricolage du bassin-versant de l'Odet, dont le Sivalodet, à l'origine de l'opération, la maison de l'agriculture biologique, et six associations déjà engagées dans la protection de la nature. C'est Mathieu Jardin, technicien au Sivalodet, qui a expliqué les nécessités de changer les habitudes des jardiniers. « La France est le premier consommateur de pesticides en Europe et 3e dans le monde. » Même si les jardiniers en consomment de 2 à 3 %, on peut faire mieux et moins. De plus, pour beaucoup de jardiniers, un jardin beau et propre est un jardin bien traité. « Mais il y a plus de mauvais produits que de mauvaises herbes et les jardiniers méconnaissent souvent les techniques simples et naturelles. »

Conclusions de Mathieu Jardin : moins on utilise les pesticides et mieux on se porte. « Et pour oublier les mauvaises et dangereuses habitudes, les jardiniers doivent avoir recours aux techniques alternatives. » Pour amener les jardiniers des vingt-six communes du Sivalodet sur les allées du progrès, le Sivalodet compte sur les vendeurs des onze magasins qui ont signé la charte « Jardiner au naturel... ». Des vendeurs qui auront reçu une formation pour préconiser les produits naturels et conseiller les jardiniers amateurs.

Des solutions existentIl existe en effet de nombreux des moyens de traitement sans pesticide comme les paillis qui empêchent la montée d'herbes indésirables et conservent l'humidité du sol.

 

Les plantes couvre-sols, choisies pour leur esthétique, qui occupent rapidement l'espace et empêchent la pousse d'herbes indésirables. Les engrais verts, réservés aux potagers et qui empêchent l'invasion du potager par des herbes indésirables (comme la moutarde, la phacélie, la vesce ou le sarrasin). Le compostage qui produit des engrais naturels. On peut aussi organiser l'accueil de petits insectes auxiliaires comme les coccinelles, les perce-oreilles, ou encore les hérissons et les mésanges.

 
Ouest-France
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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 09:38


http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=1592

07/03/2008

La biodiversité de l’Europe est menacée par l’intrusion d’espèces venues d’ailleurs telles que le rat musqué ou la berce géante, mais on en sait peu sur l’étendue du problème. Ces espèces allogènes envahissantes (IAS) peuvent perturber la flore undefinedet la faune locales, occasionner des dommages considérables à la nature et nuire gravement à l’économie. La Commission européenne a lancé le 3 mars une consultation en ligne destinée à collecter des suggestions sur les moyens les plus efficaces de réagir à ce problème à l’échelle de l’Union européenne. Les résultats de cette consultation seront utilisés pour l’élaboration d’une communication de la Commission sur un cadre communautaire relatif aux espèces allogènes envahissantes, dont l’adoption est prévue pour la fin de l’année.

«L’Europe, a déclaré le Commissaire Dimas, est déterminée à mettre un terme, d'ici à 2010, à l’appauvrissement de la biodiversité. Nous savons que les espèces envahissantes sont un des plus grands périls qui menacent la biodiversité, ce qui, souvent, n’est pas sans conséquences pour l’économie, mais nous ne disposons d’aucun système harmonisé pour lutter contre ce fléau et en évaluer les effets. Nous espérons une forte participation à la consultation publique, pour que l’Europe puisse mieux cerner le problème et concevoir, à terme, un mécanisme approprié permettant de le régler définitivement.»
La consultation lancée par la Commission

La Commission européenne s’attaque au problème en lançant une consultation en ligne qui restera ouverte du 3 mars au 5 mai 2008. Toutes les parties intéressées, y compris les particuliers, les représentants des entreprises et des consommateurs, les groupes d’intérêt, ainsi que les ONG et autres organisations, sont invitées à communiquer les informations dont elles disposent et à faire part de leurs avis. Les résultats de cette consultation seront utilisés pour l’élaboration d’une politique communautaire relative aux espèces allogènes envahissantes, dont les différents aspects seront présentés dans une communication de la Commission à la fin de l’année 2008.

Les dangers des invasions

Les écosystèmes sont dynamiques par essence et de nombreuses espèces se sont acclimatées loin de leur aire d’origine. Souvent, c’est l’intervention humaine qui préside à l’introduction de nouvelles espèces : il en va ainsi des rhododendrons d’Europe, rapportés de l’Himalaya, et de certaines cultures de base telles que la tomate, la pomme de terre ou le maïs, qui proviennent des Amériques. Or, s’il est vrai que de nombreuses espèces introduites ont fortement bénéficié aux économies locales, il en est d’autres qui compromettent l’équilibre et prolifèrent en occasionnant de graves préjudices tant à l’environnement qu’aux intérêts économiques et à ceux des personnes. L’Europe ne dispose à l’heure actuelle d’aucun cadre cohérent de lutte contre l’invasion des espèces allogènes envahissantes et il est à craindre que les mesures fragmentaires qui sont en place ne permettent pas de réduire significativement les risques que ces espèces font peser sur les écosystèmes européens. La consultation se veut un premier pas vers une démarche européenne dans la lutte contre ce fléau.

Un problème mondial

On sait qu’un important «contingent» d’espèces allogènes est déjà présent dans l’Union européenne. En Méditerranée, par exemple, une algue envahissante dénommée Caulerpa taxifolia cause des dégâts de grande ampleur. Dans quasiment toute l’Europe de l’Ouest, l’environnement et l’économie subissent de graves dommages dus à la moule zébrée (Dreissena polymorpha), qui obstrue les prises d’eau des centrales électriques et entre en compétition avec les espèces indigènes de moules. Quant au pseudorasbora (Pseudorasbora parva), d’origine asiatique, il a rapidement colonisé toute l’Europe après avoir été introduit dans des étangs en bordure du Danube, en Roumanie, dans les années soixante. En raison des parasites qu’il héberge, les conséquences se sont révélées très lourdes pour les espèces indigènes. Les mesures correctives peuvent coûter extrêmement cher. À titre d’exemple, l’Allemagne dépense chaque année quelque 44 millions € pour réparer les dommages causés aux berges et talus des cours d’eau par les rats musqués et des plantes exotiques telles que la renouée ou la berce géante.

Très souvent, les introductions accidentelles sont un effet collatéral des circuits commerciaux et de la mobilité internationale. Parmi les autres causes fréquemment constatées, on peut citer les exfiltrations d’espèces détenues dans des jardins ou dans des aquariums (cas de la plupart des plantes allogènes installées en milieu sauvage), d’animaux élevés en captivité (cas de la plupart des mammifères envahissants) ou d’espèces aquacoles. Par ailleurs, le stockage délibéré d’espèces d’eau douce allogènes par les pêcheurs à la ligne est aussi une cause répandue de fuites dans le milieu naturel. Dans l’environnement marin, les organismes aquatiques nuisibles sont souvent introduits par le biais des eaux de ballast, que les navires embarquent quelque part dans le monde et rejettent très loin de là.

Le problème de l’appauvrissement de la biodiversité

La biodiversité du monde est gravement menacée par de nombreux dangers souvent liés aux activités humaines, qui sont aggravés par les changements climatiques. On sait qu’une partie du problème tient aux espèces allogènes. La biodiversité sous-tend la circulation des biens et des services liés aux écosystèmes (denrées alimentaires, combustibles, fibres, qualité de l’air, débit et qualité de l’eau, fertilité des sols et cycle des éléments nutritifs) ; elle constitue aussi un ressort fondamental du tourisme. Toutefois, environ deux tiers des services liés aux écosystèmes dans le monde sont en déclin. Dans l’Union européenne, ce phénomène se manifeste sous la forme de l’effondrement des stocks halieutiques, de dommages étendus causés aux sols, de dégâts dévastateurs dus aux inondations et de la disparition de la vie sauvage

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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 10:33

 LEMONDE.FR avec AFP et Reuters - 16.01.08 
 
Après une procédure judiciaire qui aura duré près d'un an, le tribunal correctionnel de Paris a condamné, mercredi 16 janvier, le pétrolier Total à une amende undefinedde 375 000 euro pour "faute d'imprudence caractérisée" et a, pour la première fois en France, reconnu l'existence d'un préjudice "résultant de l'atteinte portée à l'environnement". Cette décision donnera la possibilité aux associations écologistes de se constituer parties civiles "pour demander réparation" si elles estiment qu'une atteinte à l'environnement, par exemple à l'encontre d'une espèce en voie de disparition ou d'un site naturel, a été commise.

 

Dans sa décision, le tribunal a notamment pointé "la discontinuité de la gestion technique et de l'entretien" du navire par l'affréteur Total SA, qui n'aurait pas pris en compte "l'âge du navire", soit près de vingt-cinq ans. L'avocat du pétrolier, Me Daniel Soulez-Larivière, a affirmé qu'il allait conseiller à la compagnie pétrolière de faire appel de cette condamnation.
 

L'armateur et le gestionnaire italiens, Giuseppe Savarese et Antonio Pollara, ont été reconnus coupables de "faute caractérisée" ayant provoqué le naufrage. Le juge Jean-Baptiste Parlos a estimé que les deux hommes devaient être au courant que les travaux de réparation menés sur le pétrolier avaient été conduits de manière à "réduire les coûts". Ils ont été condamnés à 75 000 euros d'amende. La société de classification RINA a également été reconnue coupable et condamnée à payer 375 000 euros. Le capitaine du bateau a été relaxé, ainsi que les membres des secours poursuivis.

192 MILLIONS D'EUROS DE DOMMAGES ET INTÉRÊTS

Le juge Parlos a, en outre, demandé à l'ensemble des coupables de verser solidairement 192 millions d'euros de dommages et intérêts aux cent une parties civiles dans l'affaire. Une condamnation solidaire permet aux parties civiles de réclamer leurs dommages à un des condamnés, à charge pour ce dernier de se faire rembourser les quotes-parts auprès des autres coupables solidaires avec lui. Dans ce cas de figure, les parties civiles risquent de se retourner massivement vers le géant pétrolier Total, de loin le plus riche des condamnés avec ses bénéfices records (12,58 milliards d'euros en 2006 et au moins autant attendus en 2007).

Parmi les parties civiles, l'Etat recevra près de 153 millions d'euros. Les régions Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes et les départements du Finistère, du Morbihan, de la Loire-Atlantique et la Vendée, Quimper, Le Guilvinec, Lorient, Quiberon, La Baule, Le Croisic, Guérande ou encore les îles d'Houat et de Noirmoutier figurent également au rang des communes indemnisées.

 


http://www.lpo.fr/comm/2008/comm2008-01-16.shtml

Communiqué de presse - Mercredi 16 janvier 2008

Erika : la reconnaissance du vivant non-commercial, une grande victoire pour la LPO et la biodiversité !

Le 16 janvier, la 11e Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris a rendu son jugement dans le procès de l’Erika. Pour la première fois en France, le préjudice écologique, résultant de l’atteinte portée à l’environnement, a été reconnu! La LPO salue cette décision sans précédent de reconnaissance du vivant non-commercial et espère qu’elle fera œuvre de droit au niveau national et international. Il s’agit en tout cas d’une grande victoire pour la biodiversité !

Fin janvier 2002, deux ans après le naufrage de l’Erika, la LPO a déposé plainte auprès du Tribunal de Paris, pour que soit reconnus trois chefs de préjudice : le préjudice moral, le préjudice économique et le préjudice écologique.
Le 16 janvier dernier, huit ans après les faits et quatre mois de procès (12 février-13 juin 2007), la LPO, défendue par ses avocats Maître François-Xavier Kelidjian et Maître Eric-Denis Ferré, a assisté à la lecture du jugement devant la 11e Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris.

Le Tribunal, par la voie de son Président Jean-Baptiste Parlos, a condamné les prévenus, personnes morales et physiques, à des amendes maximales (Total SA et Rina : 375 000 euros ; l’armateur et le gestionnaire : 75 000 euros) et à verser solidairement des dommages et intérêts aux parties civiles (192 millions d’euros). Si Total décidait de faire appel de cette décision, ce serait indécent et méprisant à l’égard du vivant, compte-tenu, notamment, des efforts médiatiques déployés actuellement par la compagnie sur la protection de la biodiversité et de l’environnement.

Parmi les associations de défense de l’environnement, la LPO est celle qui a obtenu les plus fortes indemnités : 75 000 euros pour les frais de justice, 100 000 euros pour le préjudice moral, 300 000 euros pour le préjudice économique non réparé par le Fipol et 300 000 euros pour le préjudice écologique. Il s’agit là d’une reconnaissance des compétences d’une ONG et du travail de milliers de bénévoles.

C’est, en particulier, sur ce préjudice écologique que la LPO entendait obtenir satisfaction. L’enjeu majeur du procès de l’Erika, pour la LPO, était de voir cette reconnaissance du préjudice environnemental étendue à l’avifaune sauvage. En effet, ce dernier permet aux associations de défense de l’environnement, gérant des espaces naturels, de demander réparation.

La situation est historique. Cette décision est une première en France. Nous espérons qu’elle permettra de planter les racines d’une jurisprudence et conduira à davantage de respect et d’indemnisations potentielles à l’égard de la nature.
Il s’agit en tout cas, d’ores et déjà, d’une grande victoire pour la biodiversité !

Allain Bougrain-Dubourg

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO

Un jugement sans précédent pour la LPO
  • le préjudice moral, par référence à l’objet statutaire de la LPO, qui est la protection des oiseaux et des écosystèmes dont ils dépendent, et au titre des dommages et intérêts : 100 000 euros pour le préjudice moral;
  • le préjudice économique non réparé par le Fipol et correspondant notamment aux dépenses de la LPO pour toutes les actions engagées en faveur des oiseaux mazoutés : 300 000 euros ;
  • le préjudice écologique (destruction d’espèces protégées) : 300 000 euros

Affectation prévisionnelle des dommages et intérêts perçus par la LPO (outre les faits de justice engagés) :

  • Programme Oiseaux en détresse : fonctionnement de ce programme (mise en œuvre de l’accueil des oiseaux marins sur le littoral français), des deux Unités mobiles de Soins LPO, des centres de soins LPO, et mise en place d’un fond d’urgence pour les oiseaux en détresse ;
  • Programme d’études et de suivi des oiseaux marins…
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 18:27

LE MONDE | 18.01.08

La biotechnologie agricole ne se résume pas à la transgenèse. Dans celle-ci, on transfère d'une espèce à une autre un gène permettant d'améliorer un de ses caractères, formant ainsiundefined un organisme génétiquement modifié (OGM). Mais il existe d'autres voies d'amélioration végétale : c'est ce qu'illustre une importante étude paraissant dans la revue Science du vendredi 18 janvier, qui expose une méthode de sélection d'un maïs présentant une proportion importante de provitamines A, des molécules capables de se transformer en vitamine A une fois ingérées.

 Une culture à grande échelle de ce maïs permettrait de lutter contre une maladie qui sévit dans les pays les plus pauvres : la xérophthalmie, cécité progressive favorisée par le manque dans l'organisme de vitamine A, qui affecterait 17 % à 30 % des enfants de moins de 5 ans en Afrique subsaharienne. 

Le travail mené par Carlos Harjes, un généticien de l'université Cornell (Etats-Unis) basé aujourd'hui chez Monsanto, a consisté à appliquer une méthode qui se répand de plus en plus en recherche agronomique, la génétique d'association, promue par Edward Buckler, autre signataire de l'article. Le but est de trouver, au sein d'une espèce, les gènes codant des caractères intéressants, que l'on pourra ensuite transférer, par croisements classiques, à d'autres variétés de la même espèce.

Dans le cas étudié, il s'agissait donc de trouver les gènes codant pour les précurseurs de la vitamine A, dont le plus efficient est le bêta carotène. Certaines lignées de maïs présentent un taux élevé de bêta carotène (66 microgrammes par gramme de graine), mais la majorité des variétés consommées dans le monde ont un taux beaucoup plus faible, de 0,5 à 1,5 microgramme.

Comment expliquer cette variation de production de provitamine A ? Par le polymorphisme des gènes impliqués, c'est-à-dire par les variations mineures de la séquence d'ADN qui les compose. L'objectif premier des chercheurs a donc été d'identifier les formes particulières des gènes commandant une forte production de bêta carotène. Ils l'ont fait au moyen d'une série de tests génétiques et statistiques sur 288 lignées de la céréale.

Au total, la zone précise du gène impliquée et les formes responsables ont été identifiées. Grâce à cette information, les chercheurs ont développé des outils d'identification (ou marqueurs) des formes du gène associées à une meilleure composition en provitamine A. Ces marqueurs vont permettre de rechercher facilement, dans l'ensemble des collections de maïs, les plantes qui présentent une forme favorable du gène et de transférer ensuite ces gènes par croisements classiques dans les variétés cultivées.

"C'est une belle étude, commente Laurence Moreau, généticienne à l'Institut national de recherche agronomique (INRA). Elle démontre l'intérêt de la génétique d'association pour identifier des gènes d'intérêt au sein d'une espèce et définir des marqueurs facilitant leur utilisation en sélection."

L'équipe rend disponibles les informations génétiques afin de permettre aux sélectionneurs de tous les pays de produire facilement et rapidement par "sélection assistée par marqueurs" des maïs ayant un fort contenu en vitamine A.

La méthode présentée dans cet article vient donc rivaliser avec le "riz doré", mis au point par le chercheur suisse Igo Potrikus, qui vise aussi à augmenter la teneur en vitamine A de la céréale, mais au moyen de la transgenèse. M. Potrikus a indiqué, en décembre 2007, dans un entretien avec le site Internet gm-compas.org, que des tests du riz doré seront conduits en 2008.

Mais, observent les auteurs de l'étude de Science, il existe "une acceptation limitée des OGM dans les pays en développement". Une part essentielle du succès tient à l'acceptation du nouvel aliment par les populations visées. Un maïs renforcé en vitamine A, mais non OGM, devrait être aisément adopté par les populations africaines, dont cette céréale constitue souvent une base de l'alimentation.

Par ailleurs, ce succès de la génétique d'association devrait permettre d'élargir le débat sur l'avenir des biotechnologies agricoles.

Hervé Kempf
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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 17:10
Rubrique Recherche scientifique.
Publié le 23 novembre 2007  par Mathieu Jahnich (D4E).

 

undefinedLa grande majorité des espèces végétales dans le monde, notamment celles qui produisent les fruits et légumes qui servent de base à notre alimentation, comptent sur les insectes pour se reproduire. Cette richesse écologique et alimentaire est menacée par l’effondrement constaté dans le monde entier des populations d’abeilles, principaux insectes pollinisateurs. Infections parasitaires et virales, mauvais usage de pesticides, destruction des habitats, changements climatiques... sont à combattre pour contrer ce phénomène inquiétant.

Lire la suite de l’article à cette adresse :
 
 
http://www.ecologie.gouv.fr/emeddiat/article.php3?id_article=329

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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 17:08

  
 Message de Yves Thonnerieux

Quand la disparition des pies-grièches cache une réalité sournoise...

  • Vous déplorez la disparition de la chouette chevêche et de la pie-grièche grise dans votre région ? Vous êtes inquiets pour le moineau friquet, le bruant proyer et le rougequeue à front blanc qui se font chaque année plus discrets dans votre environnement familier ?  Sachez que si ces oiseaux de nos campagnes agricoles se portent mal, notre propre santé est elle aussi menacée
    Prenez le temps de lire ce message un peu long (je m'en excuse)...
  • La France se place au troisième rang mondialundefined des utilisateurs de pesticides, avec, en 2004, 76 106 tonnes achetées légalement par les agriculteurs qui nous nourrissent, les collectivités qui mettent à notre disposition des espaces verts et les particuliers disposant d’un petit jardin privatif (la première catégorie utilise 90 % de ces produits phytosanitaires, ce qui laisse encore des centaines de tonnes de poisons entre les mains du jardinier du dimanche !). 
  • Il y a quelques années, j’avais rédigé pour la SNPN (Société Nationale de Protection de la Nature) un article sur le scandale des pesticides (le Courrier de la Nature, n° 215, septembre-octobre 2004). J’y survolais en quelques pages plusieurs dossiers brûlants (comme celui du Gaucho et du Régent) qui confortaient le consommateur dans l’idée que le combat du pot de terre contre le pot de fer était toujours à l’avantage du second, en raison des mensonges, des collusions contre-nature (aux deux sens du terme), des petits arrangements entre amis et finalement de la loi du « fric » (j’emploie ce terme péjoratif à bon escient), au mépris des écosystèmes et de la santé humaine. Ma modeste contribution d’alors n’était que la face visible d’un gigantesque iceberg.
  • Aujourd’hui, c’est à une plongée en eau profonde, pour détailler à la loupe la partie immergée de cet iceberg, que nous invitent un confrère journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (Fabrice NICOLINO) et un enseignant militant (François VEILLERETTE), Président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF). 
  • Leur livre (« Pesticides : révélations sur un scandale français »), paru chez FAYARD il y a une dizaine de jours, est appelé à devenir LA référence et pour longtemps dans le domaine des produits phytosanitaires expliqués aux consommateurs que nous sommes. En près de 400 pages, les auteurs dressent le tableau édifiant d’un système corrompu jusqu’à l’os dont la nature et les consommateurs font les frais depuis 60 ans.
  • Traitement-d-un-verger-phot.jpgPoint d’affirmations à la légère dans ce brûlot salutaire : tout est méticuleusement analysé, étayé par des rapports officiels, des déclarations publiques et une abondante bibliographie internationale qui a le mérite de figurer en bas de pages, grâce à des renvois numérotés. Ce travail d’investigation qui a duré plus d’un an ne craint pas de citer les noms de personnes physiques et de structures administratives ou privées qui ont contribué, qui à l‘omerta, qui à la désinformation, qui au mensonge dans la gestion du dossier des pesticides, au fil des gouvernements au pouvoir et des renouvellements d’administrations en place.
  • Si un éditeur comme FAYARD a permis la publication des noms de toutes ces personnes et structures en cause, c’est assurément parce que les avocats et autres juristes consultés ont assuré que le livre était inattaquable sur le plan pénal !
  • Il m’est impossible de résumer ici toutes les révélations qui émaillent le fil de ce livre-événement. Je ne puis que vous encourager à le lire, à le faire circuler et à diffuser le présent mail auprès des personnes faisant partie de vos réseaux.

    Pour soutenir la diffusion de cette info, je mets à votre disposition 4 photos dont je suis l’auteur et qui deviennent de fait libres de droits. Vous pouvez me les demander en haute définition si vous souhaitez les faire apparaître sur un support écrit.
  • Ces images illustrent deux thèmes pris au hasard évoqués dans le livre de NICOLINO et VEILLERETTE :
  • - ce qu’il convient de savoir avant de croquer une pomme.
    - ce qu’on nous a caché à propos du Régent et du Gaucho lors de la crise apicole des dix dernières années.
     
  • Je terminerai ce mail par deux extraits du livre pour vous mettre en appétit (si l’on peut dire…) : 
  • « … Parlons des pommes. Pourquoi ? Parce que nous aimons ces fruits. Beaucoup, réellement. (…) L’arboriculture industrielle intensive undefinedest une opération lourde, où la moindre anicroche peut mettre en jeu une saison entière. Pas question de tolérer une seule moisissure, le moindre champignon, le plus malingre des insectes. La seule solution, c’est la pulvérisation. Les pulvérisations. Les vergers –tous fruits confondus- occupent à peu près 1 % de ce qu’on appelle la surface agricole utile (SAU), mais consomment 4 % des fongicides et 21 % des insecticides. Dans 21 % des exploitations (…), les eaux de rinçage de ces nobles activités finissent aussi bien dans la cour que dans le fossé voisin. La moitié des arboriculteurs brûlent les emballages de pesticides et  ce qu’ils contiennent encore. Au-dessus de 10 hectares, plus de 20 % d’entre eux détiennent des produits de traitement qui ne sont pas légalement utilisables (source : Agreste Primeur). Et la pomme décroche dans ce domaine le pompon, d’abord parce qu’elle occupe 54 000 hectares sur les 275 000 du verger français. (…) Près de 130 matières actives sont homologuées pour les différents traitements du pommier. (…) Nos pommes subissent de 21 à 36 traitements par an –en moyenne 27 (source : enquête sur la structure des vergers en 1997, Agreste 1998). » 
  • Autre extrait du livre dans lequel la perversité du système éclate au grand jour : 
  • «  Mettez-vous dans l’ambiance X-Files. Oui, cette série de science-fiction où d’incroyables phénomènes se produisent à chaque seconde ou presque –où tout devient possible. (…) L’histoire du Gaucho et de son cousin le Régent est folle et palpitante. Insupportable. Surtout pour les abeilles, il faut bien le dire. (…) Pendant des années, de 1994 à 1997, la révolte gronde dans les campagnes, mais sans relais médiatique. Les ruchers disparaissent par milliers, les undefinedabeilles par millions, par milliards. Par milliards, oui. (…) Aucun suspense, en vérité. L’affaire va révéler ce qu’il faut bien appeler de stupéfiantes accointances de l’administration française avec un gigantesque pollueur : la société Bayer, transnationale de la chimie. (…) » 
  • Je laisse aux lecteurs du livre de NICOLINO et VEILLERETTE le soin de découvrir tous les rebondissements, toutes les collusions, toutes les malversations (jusqu’au sein de l’Institut national de la recherche agronomique qui pratique l’intimidation auprès de ses chercheurs et même dans une structure aussi officielle que peut l’être la Direction générale de l’alimentation, dépendant du Ministère de l’Agriculture). La démonstration des auteurs est monstrueusement édifiante… Les acteurs (de grands commis de l’Etat) de cette scandaleuse affaire (qui aboutira après une longue bataille juridique à l’interdiction de ces deux produits toxiques) ont reçu des promotions et occupent aujourd’hui des postes de responsabilité en rapport avec notre alimentation, y compris au sein de la Communauté Européenne ! Le livre de NICOLINO et VEILLERETTE cite tous les noms, énumère le parcours administratif de tous les intervenants et termine le chapitre sur le Gaucho et le Régent par ces lignes : 
  • « (Ces personnes) détiennent bien plus que d’autres les clés d’une partie de notre avenir. undefinedCombien aurons-nous de paysans demain ? Quels paysages seront les nôtres ? Où en seront nos sols, nos rivières, nos nappes phréatiques ? Nos aliments continueront-ils à être gorgés de pesticides ? Ils vont décider en notre nom, ils le font déjà. Et nous avons vu comment ils ont géré l’une des plus folles histoires de pollution de ces vingt dernières années. » 
  • Ultime précision en ce qui me concerne : sur quatre lectrices de ce mail, une sera atteinte d’un cancer ; s’agissant d’un homme, la proportion sera de un sur trois. Des études récentes démontrent que les causes environnementales ont largement été sous-estimées jusqu’ici dans la courbe ascendante de cette maladie. 
  • Pour finir, je vous renvoie au site Internet spécialement créé par les auteurs du livre dont je vous encourage la lecture :  http://www.pesticides-lelivre.com 
  • Vous pourrez dialoguer avec eux et vous faire une meilleure idée du contenu de leur ouvrage.

    Merci pour votre attention.

    Yves THONNERIEUX 
    (de l’association des Journalistes écrivains pour la nature et l’Ecologie)



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